Vous est-il déjà arrivé de sentir que quelque chose était encore présent en vous, sans réussir réellement à mettre des mots dessus ?
Une émotion qui revient régulièrement, une situation qui vous touche beaucoup plus qu’elle ne devrait, une boule dans la gorge, une sensation de tension intérieure, l’impression d’être constamment sur le qui-vive… Parfois, nous avons même conscience de ce qui nous affecte, mais nous n’arrivons pas pour autant à nous en détacher.
C’est notamment autour de ces expériences que l’on parle de libération émotionnelle.
Mais que signifie réellement « libérer » une émotion ? Est-ce que nos émotions peuvent vraiment rester bloquées ? Et surtout, comment pouvons-nous apprendre à les accueillir, à les traverser et à mieux les réguler ?
Je suis Candice Devin, psychopraticienne à Chambéry, spécialisée dans l’accompagnement émotionnel et corporel. La question des émotions occupe une place centrale dans mon travail, mais également dans mon propre cheminement personnel.
Ce que j’ai compris au fil du temps, c’est que nous cherchons souvent à faire disparaître ce que nous ressentons. Nous voudrions ne plus avoir peur, ne plus être en colère, ne plus ressentir certaines blessures. Pourtant, la libération émotionnelle ne consiste pas forcément à supprimer une émotion.
Il s’agit davantage d’apprendre à l’écouter, à comprendre ce qu’elle vient toucher en nous, à lui permettre de s’exprimer lorsqu’elle en a besoin et à retrouver progressivement un état intérieur plus apaisé.
Dans cet article, je vais donc vous aider à comprendre vos émotions, à reconnaître certains blocages émotionnels et à découvrir différentes pistes permettant de travailler sur votre monde émotionnel.
1. Qu’est-ce que la libération émotionnelle ?
Avant de chercher à libérer les émotions, il me semble essentiel de comprendre à quoi elles servent.
Une émotion n’est pas simplement quelque chose d’agréable ou de désagréable qui nous arrive. Elle constitue une réponse complexe de notre organisme face à une situation, mêlant notamment sensations corporelles, pensées et tendances à l’action.
La peur peut, par exemple, nous préparer à réagir face à une menace. La colère peut apparaître lorsque nous percevons une injustice ou lorsque certaines de nos limites sont franchies. La tristesse peut accompagner une perte et participer à un processus d’adaptation.
Le problème n’est donc pas nécessairement de ressentir.
Il apparaît davantage lorsque certaines émotions deviennent particulièrement envahissantes, reviennent continuellement ou que nous ne savons plus comment les accueillir.
Nous pouvons alors avoir l’impression de porter une importante charge émotionnelle.

Imaginez que, pendant des années, chaque fois que vous ressentez de la tristesse, vous vous disiez :
« Je ne dois pas pleurer. »
Chaque fois que vous êtes en colère :
« Je ne dois pas montrer ça. »
Chaque fois que quelque chose vous blesse :
« Ce n’est pas grave, passe à autre chose. »
Vous apprenez progressivement à couper, minimiser ou cacher votre ressenti émotionnel.
C’est ce que l’on décrit parfois comme des émotions refoulées ou des émotions enfouies.
Cela ne signifie pas qu’une émotion serait littéralement enfermée quelque part dans votre corps et qu’il suffirait de la faire sortir. En revanche, nos stratégies d’évitement, nos apprentissages et certaines expériences passées peuvent continuer à influencer notre manière de réagir.
La libération émotionnelle consiste alors moins à « vider » toutes ses émotions qu’à retrouver la capacité de les ressentir sans être constamment submergé par elles.
2. Comment reconnaître un blocage émotionnel ?
On parle beaucoup de blocage émotionnel, mais il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un diagnostic médical ou psychologique précis.
Cette expression est généralement utilisée pour décrire une difficulté à ressentir, reconnaître, exprimer ou traverser certaines émotions.
Et parfois, ces difficultés sont assez visibles.
Vous avez envie de pleurer mais vous vous retenez systématiquement.
Vous ressentez de la colère mais vous n’arrivez jamais à la montrer.
Vous avez du mal à dire ce que vous ressentez.
Vous évitez certaines conversations parce qu’elles réveillent trop de choses.
Mais les blocages émotionnels peuvent aussi être beaucoup plus discrets.
Vous pouvez avoir tendance à tout rationaliser, à minimiser ce qui vous arrive, à toujours vouloir garder le contrôle ou à vous occuper des autres pour ne pas avoir à regarder ce qui se passe en vous.
C’est quelque chose que je trouve particulièrement intéressant dans mon travail : nous pouvons parfois être persuadés que nous gérons très bien nos émotions simplement parce que nous ne les montrons pas.
Pourtant, gérer ses émotions ne signifie pas les supprimer.
La gestion des émotions et la régulation émotionnelle consistent plutôt à pouvoir reconnaître ce qui se passe en soi, tolérer progressivement ce ressenti et choisir comment y répondre.
C’est pourquoi apprendre à identifier ses émotions est souvent une première étape essentielle.
Vous pouvez commencer par vous poser quelques questions très simples :
Qu’est-ce que je ressens actuellement ?
Où est-ce que je le ressens dans mon corps ?
Qu’est-ce qui vient de se passer juste avant ?
De quoi cette émotion semble-t-elle avoir besoin ?
Est-ce que je m’autorise habituellement à exprimer mes émotions ou est-ce que j’ai plutôt tendance à les retenir ?
Ces questions peuvent sembler simples, mais elles permettent parfois de découvrir à quel point nous nous sommes éloignés de ce que nous ressentons réellement.
3. Pourquoi certaines émotions sont-elles si difficiles à libérer ?
Si la libération émotionnelle consistait simplement à décider de ne plus ressentir quelque chose, nous aurions probablement beaucoup moins de difficultés émotionnelles.
Mais nous ne choisissons pas toujours ce qui nous touche.
Certaines réactions sont liées à notre histoire, à nos apprentissages, à notre environnement et aux expériences que nous avons traversées.
Après un choc émotionnel, par exemple, certaines situations peuvent continuer à déclencher des réactions particulièrement fortes.
Cela peut également arriver après un traumatisme ou une succession de traumatismes. Dans ces situations, il ne s’agit pas simplement de « penser positivement » ou de vouloir lâcher prise.
Et toutes les difficultés émotionnelles ne proviennent pas nécessairement d’un événement spectaculaire.
Une accumulation d’expériences difficiles, des relations insécurisantes, des besoins régulièrement ignorés ou certaines situations répétées pendant plusieurs années peuvent également contribuer à une souffrance émotionnelle.
C’est aussi pour cette raison que deux personnes peuvent vivre une situation similaire et ne pas y réagir de la même manière.
Nous arrivons dans chaque expérience avec notre propre histoire.
Personnellement, c’est une notion qui a beaucoup changé ma manière de voir les émotions.
J’ai compris qu’essayer de me raisonner ou de comprendre intellectuellement pourquoi je ressentais quelque chose ne suffisait pas toujours. Je pouvais parfaitement savoir pourquoi une situation venait me toucher et, malgré tout, ressentir encore la même émotion.
C’est aussi ce qui influence aujourd’hui ma manière d’accompagner.
En tant que psychopraticienne à Chambéry, je ne cherche pas simplement à vous aider à analyser ce qui vous arrive. Je trouve important de laisser également une place à ce que vous ressentez dans l’instant, à vos sensations corporelles et à la manière dont votre système émotionnel réagit.
Selon les personnes et leurs besoins, différentes approches peuvent être utilisées dans le travail émotionnel.

L’EFT, par exemple, associe la verbalisation du ressenti à la stimulation de certains points corporels. L’hypnose peut permettre d’explorer autrement certaines expériences et certains automatismes. La pleine conscience peut, quant à elle, aider à observer ce qui se passe en soi avec davantage de recul.
D’autres approches thérapeutiques existent également, comme l’EMDR, notamment utilisée dans la prise en charge de certains troubles liés au traumatisme lorsqu’elle est pratiquée par un professionnel formé et dans un cadre adapté.
Il n’existe donc pas une seule technique permettant d’extérioriser ses émotions, ni une méthode universelle provoquant des décharges émotionnelles qui seraient nécessaires pour aller mieux.
Et je trouve cette nuance importante.
Une séance n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être utile. Pleurer énormément, trembler ou ressentir une émotion extrêmement intense n’est pas nécessairement la preuve qu’un travail émotionnel « fonctionne ».
Parfois, la libération émotionnelle est beaucoup plus subtile.
C’est réussir à penser à une situation sans ressentir la même intensité.
C’est réussir à poser une limite là où vous n’y arriviez pas auparavant.
C’est ressentir une émotion sans immédiatement chercher à la fuir.
C’est pouvoir parler d’une expérience avec davantage de recul.
C’est remarquer que certaines situations ne provoquent plus les mêmes charges émotionnelles.
Pour moi, libérer les émotions, ce n’est donc pas chercher à ne plus rien ressentir.
C’est progressivement retrouver la possibilité de ressentir sans être prisonnier de ce que l’on ressent.
Et lorsque certaines émotions continuent à prendre beaucoup de place malgré tout ce que vous avez déjà essayé, être accompagné peut permettre d’aller explorer ces mécanismes autrement.
C’est le travail que je propose dans mes accompagnements émotionnels et corporels, en cabinet à Chambéry ou en visio, en avançant à votre rythme et en fonction de ce qui se présente pour vous.